Une soirée intense

Durant notre journée à Manille, nous avons visité le musée Ayala, qui avait, entre autre, 60 fantastiques maquettes représentants des évènements importants de l’histoire des Philippines.

Nous sommes retournés à notre hôtel de Makati tranquillement, avec des heures à perdre avant notre bus de nuit vers Sagada, dans le Nord de Luzon. Nous avons traînés un peu, puis, puisque Patrick et moi aimons tout les deux être hyper à l’avance, on a réservé un Grab pour nous amener à la station de bus avec 2h d’avance. C’était l’heure de pointe. En général, le trajet aurait dû prendre 35 minutes. Nous avons attendu 20 minutes pour qu’un grab arrive, mais finalement nous sommes embarqués. Le conducteur, un jeune homme bien confiant, ne suivait pas les directions proposées par son GPS, bien entendu, puisqu’il connaissait mieux la ville que Google/Apple.

Il nous a amener dans un bouchon monstre sous les rails du métro, qui semblait n’avoir aucune fin. Au début, nous en rions: “bonne chose qu’on est partie avec tant d’avance! Autrement je serais stressée!”, et un des enfants qui répond: “ce traffic me stresse quand même, même si on a de l’avance”. Dix minutes passent, vingt, trente, sans qu’on avance plus que 200 m. À chaque fois que je regardais Google ou Apple, ça indiquait que le trajet allait prendre un autre 54 minutes. Temps estimé d’arrivé: 18:30… 19h … 19:30. Je lance l’idée de débarquer à l’instant du taxi pour embarquer sur les métros qui, quoique bondés, voyageaient à cent milles à l’heure à côté de nous. Le chauffeur nous assure que le traffic va s’estomper aussitôt qu’on passe le centre d’achat. Le problème, c’est que le centre d’achat est dans 500 m et ça va nous prendre une éternité se rendre!! Google nous indique toujours 54 minutes en voiture, pour une heure d’arrivée maintenant prévu pour 19:37 — nous devions y être pour 19:30 pour notre bus à 20h, mais que le transport en commun prendra 24 minutes.

Tout d’un coup je suis consciente que ma bouche est pâteuse! Benoit, assit sur moi, est tout stressé et ne tient pas tranquille. Patrick indique qu’il est d’accord avec le plan de sortir du taxi et prendre le métro. Reste qu’on a 5 voies de traffic à traverser pour sortir de façon sécuritaire! Le conducteur accepte, et aussitôt qu’on est dans la voie de droite, je me détache et je dis aux enfants de sortir de la voiture. On enfile nos sacs, et en chantant Run Run Rudolf, on court à l’arrêt de métro.

Ça commence mal, les escaliers pour monter à la station sont bloqués pour travaux, mais un gentil Filipino nous dit où trouver d’autres escaliers. On paie des peanuts pour nos billets et l’agente nous dit où aller. Excellent. Quand on passe les barrières, on se retrouve face à face à une ligne MONSTRE, devant un agent qui barre le passage vers la plateforme d’embarquement. Nos cœurs se ramassent dans nos sandales. On était dans le 5e droit d’un long serpentin qui n’avançait pas. Il devait y avoir plus d’une centaine de personne devant nous!! C’est là qu’on se parle en famille: “bon les enfants, on va sans doute manquer le bus. C’est plate. Peut être qu’on aurait dû rester dans le taxi, mais il est trop tard pour penser à ça. Et de toute manière, nous étions tous d’accord de débarquer. Mais au pire, on manque le bus, on trouve un hôtel, et on prend celui de demain!” Henri répond : “c’est vrai, bon, je suis moins stressé.”, mais Benoît n’est pas d’accord: “Moi ça n’aide pas, je suis trop stressé encore!”

Tout d’un coup, le garde de sécurité part et tout le monde se rue vers la plateforme! Espoir!! Depuis le taxi, j’avais vu que, comme à Montréal, les wagons des extrémités étaient moins bondés, alors on se dirige vers l’arrière du train. Encore une erreur, le gars à coté de nous nous indique qu’un train sur deux n’a que trois wagons et donc ne s’arrête pas devant notre file. Argh! Un train à 4 wagons arrive bondé, mais on an encore de l’espoir: plusieurs personnes sortent alors la moitié de notre file s’entasse dans le train. On commence à se demander comment on se divise si seulement la moitié d’entre nous embarque sur le prochain train. Quand le prochain train à quatre wagon arrive, pleins de personnes sortent et on sait qu’on pourra tous embarquer, si on FONCE! Entassé comme des sardines par dessus nos sacs, on an encore une fois une lueur d’espoir. Plus que 3 stations, mais à chaque station, plus de monde embarque. Je pense qu’Elsie, rendu au dernier tronçon, ne touchait même plus le sol. Elle flottait quelque part aux dessus des sacs, à l’horizontal, en serpent entre une dizaine de personnes!

Arrivé à la bonne station, on est sortie du métro comme du maïs éclaté! Avec nos gros sacs à dos, je pense qu’on offrait tout un spectacle. Une vieille dame à côté de nous riait. Je lui ai dit que “Manila is crazy!” et elle m’a répondu “Welcome to the Philippines!”
On a couru les 5 coins de rues qui restaient. Mais bien sûr, ce n’était pas si simple que ça. Avec les énormes boulevards de Manille, il fallait grimper des escaliers à chaque coin de rue pour traverser! On est arrivé en grosses sueurs, mais À TEMPS pour notre bus de 20h!! Oh yeah!
On n’a pas eu le temps de souper avec tout cela, et notre voyage allait durer 11h, mais les enfants ne se sont pas plaints pour une seconde. J’étais une maman très fière une fois sur l’autobus ♥️

Comments

Leave a comment